Millefeuille d’été

Tu prends une jolie rondelle de tomate, un peu épaisse quand même. Tu la titilles avec à peine 2 éclats de fleur de sel et autant de poivre de ton moulin. Comme elle est pudique, la tomate, tu la tapisses d’une bien belle et bien fraîche feuille de basilic.
Tu déposes une généreuse tranche de fromage de brebis frais de manière à ce qu’elle recouvre ta tranche de tomate habillée et qu’elle soit capable de soutenir d’autres étages qui arrivent.
Encore le coup des à peine deux éclats de fleur de sel et de poivre, mais sur le fromage cette fois.
Une discrète branche de thym frais là-dessus.
A nouveau une belle tranche de tomate. Fleur de sel et poivre, tu connais maintenant. Peut être pas besoin de basilic sur celle-là.
Et alors, qu’est ce qui vient après la tomate, hein? T’as suivi? Et bien, la jolie tranche de fromage de brebis frais (fleur de sel  / poivre, forcément).
Pas de thym à cet étage. Non, non, surtout pas. A la place, une belle rondelle découpée dans une jolie figue bleue, tellement belle que tu voudrais la croquer tout de suite. Non, mais.
Pas de fleur de sel et de poivre là, hein. On ne rigole pas avec ça.
Ceci dit, elle est pudique elle aussi la figue, alors tu lui déposes une petite feuille de menthe.
Puis une tranche de tomate.
Millefeuille
Et là, soit tu t’arrêtes, soit tu recommences avec un étage brebis / thym, puis brebis / figue, etc… De temps en temps, tu peux glisser une feuille de basilic sur la tomate, comme sur la première, tu te souviens?
Quand tu penses que tu as assez d’étages (ah la gourmandise!), tu parsèmes la dernière tranche de tomate (qui est déjà salée de sa fleur et poivrée mais toujours légèrement) d’un peu d’origan frais.
Ensuite, si tu as été très généreux en étages, peut être peux-tu utiliser un de ces piques en bois que tu utilises pour faire des brochettes de légumes grillés (tu sais ceux qui sont au fond du tiroir à gauche). Tu le plantes en plein cœur du millefeuille pour l’aider à ne pas s’écrouler tout de suite…
Tu fais autant de millefeuille que tu as de convives, ou que tu as envie d’en manger. Enfin, tu fais ce que tu veux!
Tu déposes tes millefeuilles délicatement (attention!) dans un plat qui va au four. Tu les arroses de quelques caprices d’une huile d’olive (une vraie hein).
Tu laisses chanter au four (préchauffé à 180, peut être 200) pendant une douzaine de minutes environ.
Mais, tu surveilles hein, et tu sors le plat quand la tomate te donne l’impression de souffrir et le fromage de brebis de ne plus vouloir faire partie du millefeuille….Pendant que ça cuit, tu écoutes « Hallelujah » de Leonard Cohen repris par Jeff Buckley, avec un verre de vin du sud (par exemple celui-ci aux accents de cigales) et en chuchotant la chanson (ça marche aussi avec une autre, si tu n’aimes pas celle là).
Et puis, tu invites tout ton petit monde à table, sur ta belle table joliment dressée, et tu manges.
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One Comment

  1. cela m’a l’air terriblement rafraichissant….je vais essayer cet été…merci et en plus c’est tellement bien écrit que l’on n’a qu’une seule envie….le faire!

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